
Un congrès qui fut, comme toujours, d’une franche convivialité !
[Congres 2026] Nouveaux defis, mutations des usages : l’UCEM accompagne, au plus pres, ses adherents
Cette année, le congrès du groupement – organisé au début du mois de juin dernier dans le Sud de la France – a été pleinement consacré aux profonds bouleversements impactant significativement le monde du meuble, que ce soit en termes de technologies – avec la montée en puissance de l’IA – influant elles-mêmes sur le comportement des acheteurs, mais aussi en termes de consommation et d’usages du meublant. L’UCEM, totalement investie dans sa mission d’accompagnement vis-à-vis de ses adhérents, leur a livré plusieurs clés de réflexion et de lecture, à travers des interventions captivantes… le tout dans un contexte de grande convivialité.

Ce fut, décidément, encore un bien beau congrès UCEM, où la convivialité et les échanges, à la fois professionnels et amicaux, étaient de mise ! Le groupement, en effet, a réuni ses adhérents, fournisseurs et prestataires de services du dimanche 7 au mercredi 10 juin dernier à Opio, dans les Alpes-Maritimes, à l’occasion d’une édition 2026 qui s’annonçait déjà particulièrement sympathique. Et les promesses ont été tenues ! Les deux points d’orgue de ce moment-clé de la vie des quatre enseignes – Monsieur Meuble, Meublena, Maison Crozatier et Expert Litier – furent, entre plusieurs moments de détente et d’échanges informels, l’assemblée générale de la coopérative, d’une part, et la plénière, d’autre part, qui a vu se succéder les intervenants venus livrer des exposés captivants.
La cooperative, ce format « vertueux »
Et justement, Christophe Gavaudan, le Président du groupement, a choisi d’amorcer cette plénière en rappelant les nombreux avantages inhérents à l’organisation en coopérative, et en insistant sur la nécessité, pour chaque adhérent, de participer à ces assemblées générales régulières qui permettent de la faire vivre. « La coopérative est un format très vertueux, et universel, puisqu’il existe aussi aux Etats-Unis, en Allemagne, en Italie, en Espagne… Dans l’Hexagone, près d’un tiers – 32 % très exactement - du business se fait sous ce statut, et on connaît de célèbres groupes l’ayant adopté, comme – outre l’UCEM – Système U (rebaptisé, justement, Coopérative U), Leclerc, Intermarché, Intersport… » a-t-il avancé. Et de poursuivre : « Je suis personnellement très attaché à ce type d’organisation formidable, qui permet à chacun de s’exprimer, notamment, à travers des votes. » Il a ensuite insisté : « Ce format de la coopérative, si vertueux soit-il, il faut le sauvegarder, le porter. A l’UCEM, nous devons travailler tous ensemble pour assurer sa continuité ».

« Nous n’accompagnons pas des achats, mais des moments de vie »
Ce rappel ainsi exposé, le Président du groupement a ensuite orienté son introduction vers un sujet d’actualité qui nous concerne tous : l’extrême bouleversement généré, dans tous les domaines et dans toutes les sphères de la société, par la montée en puissance de l’intelligence artificielle. « C’est un événement cinglant » a-t-il martelé, avant d’évoquer le contexte général, profondément bousculé par de tels progrès et mutations. « L’IA est arrivée très vite, et son déploiement va encore s’accélérer dans les mois et les années qui viennent. Désormais, quasiment toutes les recherches se font sur ChatGPT - ou autre – surtout celles des générations millenials et Z. Il va donc falloir se mettre en conformité avec un outil qui… nous dépasse ! » Pour Christophe Gavaudan, il est à noter que, par ailleurs, les utilisateurs de ces IA assument désormais totalement : autrement dit, ce n’est plus « tricher » que de faire appel à ChatGPT pour rendre un rapport dans le cadre professionnel, par exemple ; il est même devenu un outil. Avec force anecdotes de la vie quotidienne pour appuyer son discours et ses questionnements, le Président de l’UCEM a évoqué une évolution « certaine » de l’IA, partant du principe que ChatGPT, qui a vu le jour fin 2022, a finalement été lancé « avant-hier » à l’échelle des développements industriel et économique. « La vraie question, désormais, c’est l’urgence, estime-t-il. Et, en même temps, quelles opportunités peut nous apporter l’IA ? » Et de poser la question fatidique : « Est-ce que nous allons être remplacés, est-ce que nous sommes remplaçables ? » A cette interrogation, la tentation est de répondre par l’affirmative, et ce dans quasiment tous les domaines : « L’IA est une vraie évolution, pour ne pas dire révolution. Cela va changer le monde. Il y a ceux qui s’en sortiront, et ceux qui seront justement remplaçables, ce qui est malheureusement le cas de la plupart, au vu des technologies que nous employons. » Ainsi, que reste-t-il, une fois ceci reconnu ? Le dirigeant s’interdit de sombrer dans le pessimisme, bien au contraire : « Il reste des lignes d’espoir, martèle-t-il. Pour l’heure, ce qui nous sauve encore, c’est le supplément d’âme, la conscience. Une émotion répond à des valeurs qui nous appartiennent. Il y a, en outre, une autre donnée importante à prendre en considération : celle de la confiance, qui est essentielle ».
Comment remettre cela en perspective, à l’échelle des adhérents et points de vente de l’UCEM et, plus généralement, des multi-spécialistes ou spécialistes de l’ameublement ? Il s’agit, avant tout, de prendre ces défis à bras-le-corps : « Demain – et cela est même déjà le cas – les clients auront plus d’informations que vous, a lancé Christophe Gavaudan à l’assemblée composée de dirigeants de magasins. Il vous faut donc entraîner vos vendeurs ! Prenez des abonnements mensuels à ChatGPT ou autre, demandez à ces outils de vous construire des scénarios de vie, de raconter des histoires sur vos produits. Ainsi, vous vous mettrez déjà à jour face au client, au moyen d’outils qu’il utilise lui-même ». Et c’est ensuite que le spécialiste ou multi-spécialiste « physique » peut exprimer sa valeur ajoutée : « Le seul objet qui est le nôtre, c’est de raconter des histoires à nos clients qui, lorsqu’ils viennent pousser la porte de nos magasins, ne veulent pas simplement acheter un canapé. Ils achètent plutôt un emménagement, l’organisation autour d’un nouveau-venu dans la famille, une solution à un mal de dos… Ainsi, votre valeur ajoutée, par rapport à l’IA, ce sont bel-et-bien ce fameux supplément d’âme et la confiance que nous pouvez leur apporter. C’est précisément ce que le consommateur attend de vous. Nos métiers ont du sens : nous n’accompagnons pas des achats, mais des moments de vie, et ce grâce à nos forces, que sont la proximité, des femmes et des hommes qui accueillent, écoutent et conseillent ».

S’impliquer, pour reassurer
Dans cette mission, les adhérents de l’UCEM sont déjà confortés par les nombreuses actions prises par le groupement, pour les aider à faire face à ces nouveaux défis : « Nous avions par exemple annoncé le « full digital » chez Monsieur Meuble à la toute fin 2025, continue Christophe Gavaudan. C’est fait ! Il y a certes encore quelques dysfonctionnements, mais sur ce point, nous sommes désormais à niveau ». Le Président du groupement a insisté sur la nécessité, pour les adhérents, de s’approprier pleinement les outils essentiels du moment (configurateur, planner…) pour rester performants dans un contexte où, faisant écho à ce qu’il avait fait remarquer précédemment, les nouvelles générations – donc les futurs acheteurs – sollicitent systématiquement ChatGPT ou ses concurrents : pour argumenter, Christophe Gavaudan a pris l’exemple – véridique – d’un jeune homme ayant entrepris de faire décorer son nouvel appartement par l’IA, laquelle a su, non seulement, lui suggérer de très belles idées, mais aussi l’orienter vers des vendeurs afin qu’il puisse se procurer les produits présentés : « Tous les clients qui vont arriver aujourd’hui, et à l’avenir, dans vos magasins, vont être inféodés à cette technologie » a-t-il déclaré. Cette prévision, qui véhicule avec elle de nombreux enjeux, a toutefois permis au Président de l’UCEM de conclure son discours sur une note pleine d’espoir : « Il nous faudra répondre, demain, aux clients qui viendront chercher non pas le conseil – car cela, ils l’ont déjà sur Internet, comme nous l’avons déjà évoqué à de nombreuses reprises – mais la réassurance, afin d’être certains d’acheter le bon produit. Or, finalement, c’est bien nous qui avons choisi le produit pour lui ! Face à cette montée en puissance de l’IA et à tous ces nombreux défis qui se présentent à nous, nous avons assurément une chance de nous en sortir : nous ne sommes pas les plus exposés à la technologie, nous sommes sur un marché de niche comparé à d’autres, et nous avons encore l’espace pour pouvoir vivre décemment de notre métier. La seule condition ? Que nous nous mettions sans cesse à niveau ! Aussi, je vous demande d’être curieux, passionnés et impliqués, car les technologies évoluent vite ». Et de conclure : « Il ne s’agit pas d’opposer la technologie à l’humanité. Il est plutôt question de les rendre complémentaires ».
« Vers une nouvelle definition du meuble meublant »
Après cette introduction qui, en ayant soulevé de nombreuses questions, a également permis d’insister sur la nécessité de cohésion, et de mettre en lumière la force d’un groupement uni face aux enjeux actuels, Christophe Gavaudan a laissé la place au premier intervenant extérieur de ce congrès 2026 : Vincent Heuraux, fondateur et dirigeant de Take Off, studio de design et d’architecture intérieure. Ce dernier est venu présenter les grands enseignements de l’étude intitulée « Vers une nouvelle définition du meuble meublant » (réalisée conjointement avec l’IPEA / Institut de la Maison), qui analyse les évolutions de l’habitat, des usages et des attentes des consommateurs, en vue de nourrir la réflexion des enseignes et des industriels ; cette étude allait être restituée en détails, quelques jours après à Paris, à l’occasion du colloque de l’Institut [voir article prochainement]. Ainsi, l’on se contentera, ici, de reprendre la conclusion que Vincent Heuraux a livrée à l’auditoire, expliquant en premier lieu que « le meublant n’est pas condamné, mais qu’il doit plutôt retrouver sa place dans un logement qui a changé » : l’enjeu, ainsi, est d’adapter l’offre de rangement, avec une hauteur adaptée, une faible profondeur et une grande modularité (et, au sein de cela, un bahut / enfilade qui devient, désormais, une solution parmi d’autres). L’idée est donc de « proposer, tout au long du parcours d’achat, une expression des solutions d’usages plus que des meubles… parce que le client cherche une solution pour mieux habiter ». Ensuite, on constate effectivement que les clients arbitrent en défaveur du meuble et du meublant ; ainsi, si le meuble perd donc la bataille budgétaire, il devient indispensable de découvrir son client (ce qui permettra de lui proposer des solutions pertinentes), mais aussi d’oser le financement « franchement » (à la manière des secteurs de la cuisine ou de l’automobile, où cela est la norme). Enfin, le fait que le consommateur ne s’implique plus, d’un point de vue budgétaire, pour l’achat de meubles, pourra être contré en permettant à ce dernier de tester, voir, choisir… Autant de choses permises par le magasin physique, qui doivent donc être valorisées ! « Les clients estiment que des meubles configurés coûtent plus cher, et que c’est justifié » note, par ailleurs, Vincent Heuraux : voici donc, là encore, une formidable opportunité que doivent saisir les spécialistes et multi-spécialistes, puisqu’ils sont dotés d’une grande compétence - et d’outils performants - pour proposer des configurations parfaitement adaptées aux besoins et aux goûts esthétiques de leurs clients. La conclusion générale de cette étude, ainsi, est que le meuble meublant ne disparaît en aucun cas… mais qu’il change de rôle, dans un habitat qui a considérablement évolué. « Je pense que vous faites partie des enseignes qui rassurent » avance Vincent Heuraux, avant de terminer : « le futur du meuble pourrait autant reposer sur la capacité à accompagner le choix, que sur le produit lui-même ».

Oser le financement « franchement » est donc l’une des clefs décisives pour pallier le désavantage du meuble dans l’arbitrage des consommateurs : Jean-Pierre Til, responsable du marché de l’ameublement chez Crédit Agricole Consumer Finance, a ainsi été invité, à la suite de cette deuxième intervention, à venir présenter à son tour les nombreux dispositifs proposés par Sofinco pour aider les magasins à relever ce défi crucial. On citera notamment le parcours client 100 % digital en toute autonomie « C-Easy Essentiel », qui permet de monter un dossier en quatre à six minutes, et d’obtenir une réponse en une minute : « Moins d’étapes, pour encore plus d’efficacité » a résumé Jean-Pierre Til.

Enfin, cette plénière 2026 s’est clôturée sur l’exposé, à la fois dynamique et captivant, de Marc Lièvremont, ancien joueur, entraîneur puis sélectionneur de l’équipe de France de rugby devenu, entre autres, conférencier : axée sur le leadership et le collectif, cette intervention a permis aux adhérents de repartir particulièrement « boostés »… avec l’envie de relever, avec enthousiasme, les prochains défis qui se présenteront à eux !


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