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© Amelie Labarthe

13.1.2026

[Etude Ameublement français / CODIFAB x MKG Consulting] Le marche du contract, « levier structurant » pour la filiere du meuble en France

Alors que nous sommes à quelques semaines de la livraison des chiffres 2025 du marché du meuble domestique en France – le 3 février prochain – avec, en prévision, une évolution comprise entre 0 et – 3 % - la publication d’une étude structurelle pilotée par l’Ameublement français, avec l’appui du CODIFAB, et réalisée par MKG Consulting, met en évidence les opportunités, diverses et croissantes, qu’offre le marché du contract pour les fabricants de mobilier et agenceurs de notre pays.

« Le marché de l’ameublement en France est historiquement porté par la consommation des ménages, et le cycle du logement résidentiel. Pourtant, en marge de ce modèle dominant, un autre segment, plus discret mais plus structurant, s’impose progressivement : le marché du contract ». Ce sont en ces termes que l’Ameublement français introduit la publication, ce 13 janvier 2026, des grands enseignements d’une étude commandée, avec l’appui du CODIFAB, auprès de MKG Consulting, leader en conseil et études marketing pour le secteur de l’hôtellerie et du tourisme en Europe, en Afrique et au Moyen-Orient. Alors que le marché de l’ameublement domestique affichait, en 2024, une valeur de 13,8 Mds€ en repli de 5,1 % - avec des conditions « moins mauvaises » attendues pour la globalité de l’exercice 2025 mais qui ne seront toujours pas au-dessus de la ligne de flottaison – le contract génère à lui seul, selon les dernières données, 675 M€ de chiffre d’affaires, ce qui équivaut à une part comprise entre 5 et 6 % du marché total de l’ameublement dans notre pays… Une proportion limitée, certes ; mais comme le souligne l’Ameublement français, ce segment du contract – qui recouvre, très précisément, les projets d’aménagement d’établissements réalisés hors du cadre des appels d’offres publics (dans les secteurs de l’hôtellerie, de la restauration, des cafés, boutiques, espaces de travail, etc.) – attire aujourd’hui des investissements « de plus en plus importants et à forte valeur ajoutée ». Et d’aller plus loin : « Son potentiel de marché croissant en fait un levier structurant pour la filière, qui s’accompagne aussi d’une montée en gamme ».

Du simple « equipement »… au critere de differenciation et de performance economique

Les visiteurs des salons professionnels du secteur – citons, notamment, Bruxelles et Paris en novembre, et Maison&Objet en ce mois de janvier – le constatent au fil des éditions : le segment du contract gagne progressivement en importance, avec des stands balisés, des parcours spécifiques, et même des pôles dédiés à l’image d’EspritContract. Ajoutons à cela, bien évidemment, le succès de rendez-vous spécialisés tels qu’EquipHotel, Workspace Expo ou encore Orgatec à Cologne… Ce sont là des illustrations concrètes du potentiel qu’offrent ces marchés du BtoB au secteur du mobilier, d’autant que ce dernier, désormais, devient un levier central de différenciation et de performance économique… alors qu’il fut longtemps considéré comme un simple poste d’équipement : « Le mobilier n’est plus pensé comme un simple coût, mais comme un actif au service de l’exploitation, de l’image de marque et de la durabilité des établissements » avance Max Flageollet, Président du Groupement Contract & Agencement de l’Ameublement français. « Les budgets engagés témoignent de cette situation, peut-on lire, en parallèle, dans la synthèse de l’étude. Ils s’établissent en moyenne autour de 2 700 euros par chambre en mobilier et agencement pour la rénovation d’un hôtel économique standardisé, mais peuvent dépasser 40 000 euros de mobilier par chambre pour des projets lifestyle ou haut-de-gamme ». Une « complexité », au sens noble du terme – cette montée en valeur s’accompagne en effet d’exigences accrues en matière de durabilité, de réparabilité, de modularité et de qualité d’exécution et de services – qui permet de mettre en lumière les savoir-faire industriels maîtrisés par les entreprises de la filière française du meuble, et leur ouvre ainsi des perspectives majeures.

Maison Hamelin / Resistub, Soca (c) Christophe Bielsa

La profonde transformation du parc hotelier français

Ceci d’autant plus que l’Hexagone dispose aujourd’hui de l’un des parcs hôteliers les plus importants et les plus matures d’Europe : les 17 000 établissements totalisent 690 000 chambres, et l’on peut y ajouter les 220 000 appartements en résidences de tourisme (ainsi, à ce jour, ce sous-marché principal représente près de deux tiers du contract, soit plus de 420 M€ de CA par an pour la filière du mobilier et de l’agencement). La croissance de ce parc est modérée ; toutefois, sa transformation est profonde, avec la montée en gamme précédemment évoquée, mais aussi des rénovations lourdes, le repositionnement d’actifs existants, ou encore le développement de concepts lifestyle et hybrides, avec ces hôtels – et même boutiques, coworkings, etc. - en passe de devenir de véritables « lieux de vie »... Qui dit mouvement profond, dit temps long, et c’est cela qui, précisément, contribue également au potentiel que représente le marché du contract pour les fabricants et agenceurs français : les projets, d’envergure, sont financés et programmés en amont (généralement sur deux à trois ans, nous rappelle l’étude, entre le dépôt du permis de construire et l’ouverture des établissements). « Le contract s’inscrit donc dans des logiques d’investissement de long terme, conclut Vanguélis Panayotis, Président de MKG Consulting. Dans l’hôtellerie comme dans la restauration, les projets sont de moins en moins opportunistes, et de plus en plus structurés autour de stratégies de repositionnement, de montée en gamme et d’expérience client ». Voici de quoi conférer au contract, dans un contexte économique toujours volatil, une autre opportunité : celle d’avoir une meilleure visibilité, à moyen terme, des affaires, reposant sur un bon réseau !

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[Zoom]

Pour guider les acteurs désireux d’aborder – ou d’explorer davantage – cette voie du contract, l’étude de l’Ameublement français liste, outre de précieux chiffres, de nombreux leviers de différenciation (en rappelant les attentes récurrentes des hôteliers et investisseurs) et autres conseils concrets.

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